{"id":76194,"date":"2022-03-24T09:40:00","date_gmt":"2022-03-24T12:40:00","guid":{"rendered":"https:\/\/argentinaxp.com\/?post_type=blog&#038;p=76194"},"modified":"2022-03-24T09:40:00","modified_gmt":"2022-03-24T12:40:00","slug":"cortesanas-buenos-aires","status":"publish","type":"blog","link":"https:\/\/blog.argxp.com\/fr\/blog\/cortesanas-buenos-aires\/","title":{"rendered":"Premi\u00e8res courtisanes \u00e0 Buenos Aires au XIXe si\u00e8cle"},"content":{"rendered":"<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1870 et les ann\u00e9es suivantes, l&#039;importation de femmes europ\u00e9ennes destin\u00e9es aux bordels de Buenos Aires s&#039;intensifie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A cette \u00e9poque, certains quartiers de la ville de Buenos Aires, aujourd&#039;hui absolument centraux, \u00e9taient des banlieues recul\u00e9es et dangereuses. Car ce qui \u00e9tait autrefois le coin de Temple (V\u00edamonte) et de Suipacha, devenait, les jours de pluie, une barri\u00e8re fluviale infranchissable puisque le passage des charrettes provoquait une diff\u00e9rence de plus d&#039;un demi-m\u00e8tre entre la rue et le trottoir et que, de plus, l&#039;ancien canal du Tercero del Medio le traversait, l&#039;un des ruisseaux de la ville qui se jetait dans la c\u00f4te voisine de la rivi\u00e8re, en 1867 les habitants ont adress\u00e9 une note \u00e0 la municipalit\u00e9 demandant l&#039;installation d&#039;un pont tournant , similaire \u00e0 celui install\u00e9 \u00e0 Esmeralda traversant Cordoue. Le co\u00fbt \u00e9tait de 6 000 pesos et l&#039;urgence \u00e9tait si grande qu&#039;ils ont promis de collaborer avec 4 000.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br \/>Una vez instalado y dado que en cien metros a la redonda hab\u00eda m\u00e1s de una docena de casas de prostituci\u00f3n, el puente comenz\u00f3 a ser popularmente conocido como \u00abPuente de los suspiros\u00bb<br \/>La ville de Buenos Aires \u00e9tait un centre important de cet ancien commerce, connu dans les principaux pays d&#039;Europe, d&#039;o\u00f9 venaient ses officiants, pour s\u00e9journer dans la ville ou se r\u00e9pandre sur tout son territoire ou dans les pays voisins. C&#039;\u00e9tait un fait qu&#039;aucun gouvernement n&#039;ignorait ou ne pouvait r\u00e9glementer efficacement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&#039;achat et la vente de femmes europ\u00e9ennes pour leur exploitation dans les bordels de Buenos Aires, le trafic clandestin et l&#039;arriv\u00e9e de ces jeunes femmes qui, conscientes ou non de leur avenir, ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9duites par la promesse certaine de vivre dans l&#039;une des villes les plus prosp\u00e8res \u00c0 cette \u00e9poque, c&#039;\u00e9tait pour beaucoup une source in\u00e9puisable de revenus \u00e9conomiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br \/>Au milieu des ann\u00e9es 1870, Buenos Aires \u00e9tait une ville anim\u00e9e de quelque 200 000 habitants. Jusque-l\u00e0, la prostitution \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme un probl\u00e8me mineur.<br \/>L&#039;autorit\u00e9 exer\u00e7ait son pouvoir de mani\u00e8re discr\u00e9tionnaire et toute femme soup\u00e7onn\u00e9e d&#039;une vie licencieuse pouvait \u00eatre emprisonn\u00e9e ou envoy\u00e9e \u00e0 la fronti\u00e8re pour subvenir aux besoins des troupes.<br \/>L&#039;immigration croissante et le grand nombre d&#039;\u00e9trangers c\u00e9libataires qui arrivaient dans la ville rendaient indispensable la recherche d&#039;un moyen de contr\u00f4le social qui en m\u00eame temps contenait le d\u00e9veloppement des maladies v\u00e9n\u00e9riennes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour cette raison, le 5 janvier 1875, l&#039;ordonnance r\u00e9glementaire sur la prostitution a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e.<br \/>Les casinos et confiseries o\u00f9 se pratiquait la prostitution, qui fonctionnaient jusqu&#039;alors avec l&#039;autorisation du pr\u00e9sident municipal, devaient \u00eatre enregistr\u00e9s sous peine de fermeture.<br \/>Le registre comprenait un brevet annuel de 10 000 pesos m\/c par \u00e9tablissement et 100 pesos m\/c pour chaque prostitu\u00e9e. Beaucoup ont choisi de se cacher.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br \/>Les nouvelles maisons de tol\u00e9rance devaient \u00eatre \u00e0 moins de deux p\u00e2t\u00e9s de maisons des temples, des th\u00e9\u00e2tres ou des \u00e9coles (art. 5).<br \/>\u00catre dirig\u00e9 exclusivement par des femmes (art. 3).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces r\u00e9gentes devaient tenir un livre dans lequel \u00e9taient consign\u00e9es les donn\u00e9es personnelles des femmes qui travaillaient dans la maison (article 13).<br \/>Les mercredis et samedis, un m\u00e9decin inspectait toutes les prostitu\u00e9es, notait les r\u00e9sultats dans le livre et en envoyait une partie \u00e0 la Municipalit\u00e9. Si la prostitu\u00e9e tombait malade de la syphilis, elle devait \u00eatre soign\u00e9e dans la maison aux frais du r\u00e9gent, et ce n&#039;est que dans les cas avanc\u00e9s qu&#039;elle \u00e9tait dirig\u00e9e vers l&#039;h\u00f4pital (articles 15, 17 et 18).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br \/>Cette diff\u00e9renciation entre les stades de d\u00e9veloppement de la maladie et la port\u00e9e du traitement a pouss\u00e9 de nombreuses femmes \u00e0 continuer \u00e0 travailler m\u00eame lorsqu&#039;elles \u00e9taient malades. Avec une h\u00e2te imprudente, les femmes qui avaient re\u00e7u un diagnostic d&#039;ulc\u00e9rations v\u00e9n\u00e9riennes le mois pr\u00e9c\u00e9dent ont \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9es comme gu\u00e9ries.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br \/>D&#039;autres, comme Juana Harr ou Ida Bartac, n&#039;ont pas pu offrir leurs services car elles \u00e9taient r\u00e9pertori\u00e9es comme v\u00e9n\u00e9riennes \u00e0 la fois dans les livres et dans les rapports m\u00e9dicaux.<br \/>Cela n&#039;a pas emp\u00each\u00e9 la premi\u00e8re de continuer \u00e0 se prostituer jusqu&#039;\u00e0 ce qu&#039;elle tombe enceinte cinq mois apr\u00e8s le diagnostic de sa maladie, et la seconde d&#039;en faire autant, mais apr\u00e8s s&#039;\u00eatre pr\u00e9sent\u00e9e dix-huit mois cons\u00e9cutifs comme syphilitique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La r\u00e9glementation, qui souffrait de nombreux d\u00e9fauts et n&#039;\u00e9tait pas respect\u00e9e dans la plupart des cas, continuait d&#039;imposer aux prostitu\u00e9es d&#039;avoir plus de 18 ans, \u00e0 moins qu&#039;elles ne prouvent qu&#039;elles s&#039;\u00e9taient livr\u00e9es \u00e0 la prostitution avant cet \u00e2ge (art. 9). Cet article \u00e9tait en contradiction avec le Code civil qui fixait l&#039;\u00e2ge de la majorit\u00e9 \u00e0 22 ans.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br \/>L&#039;incoh\u00e9rence allait jusqu&#039;\u00e0 leur permettre de se livrer au commerce sexuel, mais leur refusait la possibilit\u00e9 de se marier sans le consentement parental.<br \/>Les trafiquants d&#039;esclaves blancs (on les appelait ainsi \u00e0 cause de la couleur de leur peau) et les maisons autoris\u00e9es \u00e9taient les plus grands b\u00e9n\u00e9ficiaires, puisque presque tous les \u00e9l\u00e8ves qui entraient \u00e9taient mineurs. Ils ne pouvaient \u00eatre affich\u00e9s sur la porte de la rue, ni sur les fen\u00eatres, ni sur les balcons. Ils devaient se retrouver \u00e0 la maison deux heures apr\u00e8s le coucher du soleil, et prendre une photo avec leurs coordonn\u00e9es et celles de la maison de tol\u00e9rance o\u00f9 ils travaillaient (art. 10). Ces femmes \u00e9taient celles qui devaient porter le plus lourd fardeau r\u00e9pressif sur leurs libert\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br \/>La r\u00e9glementation, qui facilitait et proposait leur inscription dans les registres de la prostitution, les emp\u00eachait de quitter le bordel et le commerce avec la m\u00eame facilit\u00e9. Selon l&#039;article 12 : &quot;Les prostitu\u00e9es qui cessent d&#039;appartenir \u00e0 une maison de prostitution resteront sous surveillance polici\u00e8re tant qu&#039;elles ne changeront pas leur mode de vie...&quot;.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">S&#039;ils s&#039;\u00e9taient \u00e9chapp\u00e9s de leur enfermement, il leur aurait \u00e9t\u00e9 bien difficile de se consacrer \u00e0 un autre m\u00e9tier, car \u00e0 la pers\u00e9cution par la police il fallait ajouter que \u00ab quiconque entre sciemment dans son domicile ou son commerce comme locataire , invit\u00e9e, domestique ou travailleuse toute femme qui se livre \u00e0 la prostitution, paiera une amende de 1 000 $ m\/o. Ceux qui permettent \u00e0 une prostitu\u00e9e de rester chez eux trois jours apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 avertis par l&#039;autorit\u00e9 seront consid\u00e9r\u00e9s comme avertis (art. 24).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br \/>Ce fait, ajout\u00e9 aux brevets \u00e9lev\u00e9s et aux contr\u00f4les m\u00e9dicaux, a pouss\u00e9 les femmes argentines, espagnoles et italiennes, qui travaillaient jusque-l\u00e0 dans les bordels de la ville, \u00e0 pr\u00e9f\u00e9rer continuer leur travail clandestinement dans les bars, les magasins de cigarettes et les auberges et que les \u00e9trangers de non -Les pays latins, prostitu\u00e9s ou non dans leur patrie, mais plus na\u00effs, ignorants des lois et de la langue, ont \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9s dans les maisons de tol\u00e9rance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1876, il y avait 35 bordels autoris\u00e9s, dans lesquels 200 femmes travaillaient. La plupart d&#039;entre eux \u00e9taient situ\u00e9s dans le quartier de San Nicol\u00e1s, et certains ont \u00e9t\u00e9 am\u00e9nag\u00e9s avec grand luxe, disposant d&#039;un bar, de salles de r\u00e9union et de musiciens pour animer les danses.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br \/>\u00c0 peu pr\u00e8s \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque, une campagne de d\u00e9nonciations a commenc\u00e9 qui reprochait \u00e0 la municipalit\u00e9 d&#039;avoir permis l&#039;ouverture de ces maisons dans les rues centrales, et de la m\u00eame mani\u00e8re pointait les trafiquants et la mani\u00e8re dont ils op\u00e9raient en Europe.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br \/>L&#039;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente (1875) une autre demande avait \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e, avec une formulation tr\u00e8s similaire, sign\u00e9e par le propri\u00e9taire de la maison du 509, rue Corrientes, la vie du quartier, et communiqu\u00e9e qu&#039;en raison des scandales continus qui s&#039;y produisaient, il a \u00e9t\u00e9 contraint d&#039;abandonner sa propri\u00e9t\u00e9 pour sauver sa famille d&#039;une influence aussi d\u00e9sastreuse.\u00bb<br \/>C&#039;est pr\u00e9cis\u00e9ment dans cette maison du 506 Corrientes (actuellement 1283) que s&#039;installera quelques mois plus tard l&#039;un des bordels les plus c\u00e9l\u00e8bres, soit \u00e0 cause du luxe et de la qualit\u00e9 de ses femmes, soit \u00e0 cause du traitement brutal qui leur \u00e9tait inflig\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D&#039;autres ont demand\u00e9 qu&#039;ils soient publi\u00e9s avec des termes plus durs et avec un ton antis\u00e9mite, cherchant une fois de plus \u00e0 susciter les reproches de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br \/>De m\u00eame, l&#039;intervention de l&#039;archev\u00eaque de Buenos Aires, cur\u00e9 de l&#039;\u00c9glise r\u00e9form\u00e9e allemande, et des autorit\u00e9s consulaires fut sollicit\u00e9e pour mettre fin \u00e0 ce commerce immoral. Ensemble, des demandes ont commenc\u00e9 \u00e0 appara\u00eetre demandant la fermeture de caf\u00e9s, casinos et autres lieux o\u00f9 la prostitution clandestine \u00e9tait pratiqu\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br \/>En peu de temps, une guerre de d\u00e9nonciations a \u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9r\u00e9e qui a fait comprendre qu&#039;il s&#039;agissait d&#039;un duel d&#039;int\u00e9r\u00eats entre des groupes en conflit qui ont \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9s, peut-\u00eatre tromp\u00e9s dans leur bonne foi, par certains citoyens honn\u00eates.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br \/>Dans une longue demande, charg\u00e9e d&#039;informations, il a \u00e9t\u00e9 document\u00e9 comment un trafiquant (Jacobo H\u00f3nig) a investi 600 000 pesos m\/c pour cr\u00e9er deux nouveaux bordels, l&#039;un \u00e0 Corrientes 506 et l&#039;autre \u00e0 Temple 356 altos.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D&#039;autres installations ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 d\u00e9nonc\u00e9es \u00e0 Libertad 309, Corrientes 509 et Temple 368, propri\u00e9t\u00e9s d&#039;Ana Goldemberg, Carlos Rock et Herman Gerber, respectivement.<br \/>D&#039;une autre demande nous savons qu&#039;&quot;en juin 1875 Adolph Honing (sic,) domicili\u00e9 au 506 Corrientes Street, fit venir d&#039;Europe 18 jeunes femmes tromp\u00e9es qu&#039;il exploita dans son travail, qu&#039;apr\u00e8s six mois il revendit \u00e0 l&#039;une d&#039;elles, nomm\u00e9e JB, \u00e0 un certain Isidoro Wolf, r\u00e9sidant \u00e0 Montevideo, dans le. somme de 17 000 $.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br \/>En d\u00e9cembre de la m\u00eame ann\u00e9e, Adolph Weismann trompa sept femmes, quatre Hongroises et trois Allemandes, en leur disant qu&#039;elles allaient \u00e0 Milan et les dirigea vers Marseille, d&#039;o\u00f9 il les exp\u00e9dia \u00e0 Montevideo.<br \/>L\u00e0, ils \u00e9taient attendus par Adolph Honing, qui acheta les quatre plus belles. Le reste a \u00e9t\u00e9 achet\u00e9 \u00e0 Buenos Aires par Herman Gerber. On estime que la vente des femmes a rapport\u00e9 au courtier 150 000$ m\/c.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Gerber lui-m\u00eame, r\u00e9sidant au 368 Temple Street, avait amen\u00e9 12 femmes en juin 1875. Deux avaient \u00e9t\u00e9 vendues \u00e0 un autre marchand de Rosario.<br \/>Un autre, appel\u00e9 NW, apr\u00e8s cinq mois et demi de s\u00e9jour chez Gerber, a \u00e9t\u00e9 vendu \u00e0 Isidoro Wolf pour 14 000 pesos, et apr\u00e8s deux mois il l&#039;a revendu pour 18 000 \u00e0 Carlos Rock, domicili\u00e9 \u00e0 Corrientes 509.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Suite au traitement qu&#039;elle a re\u00e7u, NW s&#039;est enfuie de la maison, accompagn\u00e9e d&#039;une autre femme, en sautant du toit. Apr\u00e8s cela, le toit \u00e9tait entour\u00e9 d&#039;une cl\u00f4ture en fer.<br \/>Certaines de ces femmes \u00e9vad\u00e9es de leur confinement se sont rendues au consulat austro-hongrois pour d\u00e9poser leurs plaintes, mais celui-ci a fait part de son incapacit\u00e9 \u00e0 intervenir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br \/>Comme le mariage civil n&#039;existait pas encore, dans de nombreux cas, un mariage religieux \u00e9tait forg\u00e9 entre l&#039;exploit\u00e9e et son exploiteur, qui la mettait \u00e0 son compte ou la vendait \u00e0 un autre voyou.<br \/>De cette mani\u00e8re, la femme \u00e9tait emp\u00each\u00e9e de r\u00e9clamer les autorit\u00e9s consulaires de son pays, \u00e9tant donn\u00e9 que lorsqu&#039;elle \u00e9pousait un \u00e9tranger, elle perdait ses droits \u00e0 la nationalit\u00e9.<br \/>Les conditions dans lesquelles vivaient ces femmes \u00e9taient certainement inhumaines. Ils ont \u00e9t\u00e9 achet\u00e9s et vendus au gr\u00e9 de leurs exploiteurs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 leur arriv\u00e9e, on leur a fait signer un contrat dans lequel ils s&#039;engageaient \u00e0 payer le voyage, les v\u00eatements, la nourriture, la chambre et tout ce qu&#039;ils recevaient.<br \/>Les prix qu&#039;ils devaient payer \u00e9taient cinq ou dix fois la valeur r\u00e9elle, et les dettes qu&#039;ils avaient toujours eues avec la maison \u00e9taient utilis\u00e9es comme un autre instrument de r\u00e9tention.<br \/>Ils restaient enferm\u00e9s toute la journ\u00e9e, et s&#039;ils sortaient se promener un apr\u00e8s-midi par mois, c&#039;\u00e9tait sous la surveillance du g\u00e9rant ou d&#039;un surveillant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si l&#039;un d&#039;entre eux refusait d&#039;accepter ces conditions, il \u00e9tait puni ou vendu \u00e0 un autre bordel de qualit\u00e9 inf\u00e9rieure \u00e0 l&#039;int\u00e9rieur du pays.<br \/>Issus de familles paysannes, -soumis \u00e0 la vassalit\u00e9 et aux coutumes sexuelles qui incluaient dans certains cas les relations pr\u00e9nuptiale et les grossesses comme signe de fertilit\u00e9- il est possible qu&#039;ils aient accept\u00e9 le commerce sexuel comme une \u00e9tape de plus de leur exp\u00e9rience pr\u00e9c\u00e9demment malheureuse.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les prostitu\u00e9es clandestines, qui travaillaient pour un voyou, subissaient une exploitation similaire, avec la circonstance aggravante que les conditions sanitaires \u00e9taient plus d\u00e9plorables et la client\u00e8le, moins choisie, beaucoup plus nombreuse.<br \/>En 1878, para\u00eet El Puente de los Suspiros, journal dont l&#039;objectif d\u00e9clar\u00e9 est d&#039;en finir avec les maisons o\u00f9 la prostitution est pratiqu\u00e9e clandestinement ou autoris\u00e9e. Il n&#039;a \u00e9pargn\u00e9 aucune critique de la corruption municipale, ni de la mani\u00e8re dont les voyous ont r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9chapper \u00e0 l&#039;action de la police.<br \/>Cependant, dans son premier num\u00e9ro du 28 mars 1878, plusieurs propri\u00e9taires de casinos, ferm\u00e9s par la Municipalit\u00e9 pour les consid\u00e9rer comme des locaux o\u00f9 se pratiquait la prostitution clandestine, demandent au pr\u00e9fet de police de r\u00e9voquer l&#039;arr\u00eat\u00e9 et de refuser \u00e0 la Municipalit\u00e9 l&#039;assistance de la force publique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tambi\u00e9n, en una columna aparecida el mismo d\u00eda, se mencionaba la llegada de 12 nuevas mujeres europeas. \u00abConsignadas \u00e1 Pepa la Chata, Libertad 276 y a C\u00e1rmen la gallega de Temple, han llegado conducidas por el Savoie, una docena de esclavas blancas m\u00e1s feas que el mism\u00edsimo doctor Agrelo que tiene cara de chorlito mal embalsamado. Cinco de ellas tiene la Pepa, montadas al aire, es decir, montadas sobre unos tacones m\u00e1s largos que las u\u00f1as de ciertos empleados municipales, y excepto una que no tiene nada de bonita, son horribles las pobrecitas. Siete tiene la Carmen, y no digo a Vds. nada de la fealdad de esas desgraciadas, porque ser\u00eda cosa de echar a correr.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces concepts semblaient vouloir faire fuir les clients potentiels de ces \u00e9tablissements plut\u00f4t que de lutter contre la prostitution. L&#039;\u00e9dition de quatre feuillets parut deux fois par semaine. L\u00e0, l&#039;action polici\u00e8re et le travail de la Municipalit\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 critiqu\u00e9s. Mais ce qui s&#039;est le plus r\u00e9pandu, ce sont les aventures d&#039;un groupe de prox\u00e9n\u00e8tes arriv\u00e9s dans la ville quelques ann\u00e9es auparavant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br \/>La municipalit\u00e9 le consid\u00e9rait comme un produit immoral, \u00e9crit par d&#039;autres voyous qui rivalisaient avec le premier. Les tentatives de censure ont \u00e9t\u00e9 retard\u00e9es et les responsables de l&#039;\u00e9dition ont d\u00e9pos\u00e9 des plaintes aupr\u00e8s de la Cour supr\u00eame de justice de la province.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Publi\u00e9 en espagnol, il \u00e9tait accompagn\u00e9 d&#039;une chronique en allemand o\u00f9 les femmes \u00e9taient invit\u00e9es \u00e0 abandonner leurs voyous et \u00e0 demander de l&#039;aide dans la salle de r\u00e9daction. Peu de temps apr\u00e8s, deux jeunes filles s&#039;\u00e9chappent de la Maison de la Tol\u00e9rance de Corrientes 509 (actuelle 1283). Gabriela Kirch, une Allemande de 23 ans, et Elena Bezembajer, du m\u00eame \u00e2ge, ont pu s&#039;enfuir en sautant avec des draps depuis la terrasse. Dans le prochain num\u00e9ro, ils publient une lettre encourageant d&#039;autres femmes \u00e0 faire de m\u00eame. (Les faits sont constat\u00e9s par le m\u00e9decin municipal et par le commissaire de l&#039;article 5).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br \/>D&#039;autres num\u00e9ros comprenaient des dessins et la vie et le travail des 5 ou 6 Juifs qui jusqu&#039;\u00e0 ce moment-l\u00e0 se sont livr\u00e9s \u00e0 la traite des blanches dans la ville.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Bien que les biographies soient vraies et ne l\u00e9sinent pas sur les d\u00e9tails, pour la morale de l&#039;\u00e9poque, la diffusion de ces r\u00e9cits impliquait un scandale plus grand que l&#039;existence m\u00eame des faits d\u00e9nonc\u00e9s.<br \/>Enfin, la Cour supr\u00eame a jug\u00e9 que, dans les limites de ses attributions, la Municipalit\u00e9 pouvait interdire la vente ou l&#039;apparition d&#039;\u00e9crits ou de dessins obsc\u00e8nes, en quelques mois elle a \u00e9t\u00e9 interdite, et toute sa campagne a \u00e9t\u00e9 perturb\u00e9e. Le dernier num\u00e9ro du Pont des Soupirs est publi\u00e9 le 17 juin 1878.<br \/>Plus de 50 ans et des milliers de crimes s&#039;\u00e9couleront avant que les autorit\u00e9s enqu\u00eatent et punissent cette nouvelle forme d&#039;esclavage.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br \/>Source : Todo Es Historia Magazine n\u00b0 342 Ann\u00e9e 1996 \u2013 Extrait d&#039;une note de : Jos\u00e9 Luis Scarsi<\/p>","protected":false},"featured_media":76195,"template":"","blog-categoria":[43],"class_list":["post-76194","blog","type-blog","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","blog-categoria-historia-e-historias"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v28.4 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Primeras cortesanas en Buenos Aires del siglo XIX - Blog<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"noindex, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Primeras cortesanas en Buenos Aires del siglo XIX - Blog\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"En 1870 y a\u00f1os siguientes, la importaci\u00f3n de mujeres europeas con destino a los burdeles de Buenos Aires se intensific\u00f3. 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